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Le Certificat Européen de Psychothérapie (CEP).

Article rédigé par Jean-Michel Clairembeaud, formateur chez Praxisa.

Notion de certificat et différence entre un certificat et un titre certifié en France :

 

Il existe trois catégories de formations certifiantes :

- Les diplômes, délivrés au nom de l’État (via les ministères).

- Les titres professionnels, enregistrés au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), délivrés par des organismes de formation.

- Un titre professionnel (ou titre certifié) est une certification délivrée par le Ministère de l’emploi. Il permet à son titulaire de justifier le suivi d'une formation lui ayant permis d’acquérir certaines compétences et qualifications spécifiques transposables dans le cadre de ses activités professionnelles. Le titre certifié permet à son titulaire de certifier les compétences, aptitudes et connaissances nécessaires à l’exercice d’un métier ou d’une activité correspondant à un domaine professionnel. Les titres certifiés permettent donc d’obtenir un niveau reconnu dans le domaine professionnel. 

- Les Certificats de Qualification Professionnelle (CQP) : il s’agit d’une certification spécifique à la branche professionnelle par laquelle le certificat a été créé et qui est reconnue par les entreprises du secteur. Ce n’est pas un diplôme puisqu’il n’est pas officiellement reconnu par l’État, mais plutôt une certification mise en  place par les acteurs clés d’une ou plusieurs branches et dont la qualité est officiellement reconnue par le monde professionnel, car au plus près de la réalité des métiers et des problématiques de la branche.  

 

En France, c’est le RNCP (le Répertoire National de la Certification Professionnelle) qui est en charge de répertorier toutes les formations et titres certifiés par la CNCP (Commission Nationale de la Certification Professionnelle). Il existe différents niveaux de certifications correspondant au nombre d’années d’études effectuées après le Baccalauréat - pour plus d’infos, se rendre sur la page :

 

https://diplomeo.com/actualite-definition_titre_certifie_cncp_niveau_diplome

 

Lorsqu’on examine de plus près la liste des titres certifiés qui figurent sur le RNCP en lien avec la relation d’aide psychologique (soignant psychique), voici ce qu’on y trouve… À côté des formations diplômantes (Master de psychologie, etc.), on trouve le titre d’art-thérapeute, celui de musicothérapeute, celui de sophrologue ou encore celui de spécialiste en shiatsu, mais aucune trace du titre de psychopraticien. Ce métier n’est donc pas répertorié auprès du RNCP. 

 

Qu’en est-il de la validité d’un certificat en dehors de la certification RNCP ?

 

De manière générale, selon les critères définis par les lois françaises, une attestation de fin de formation ne constitue pas une certification reconnue tant qu’elle n’est pas enregistrée au RNCP. Il n’y a donc pas actuellement de certification officielle sanctionnant la formation du psychopraticien. Les certifications existantes sont l’oeuvre d’organismes privés, et à ce titre, elles sont propres à l’établissement qui les délivre, et elles n’engagent que lui. Les appellations sont nombreuses : certificat de compétence, certificat de spécialisation, certificat professionnel, attestation de fin de formation, etc.

 

Ces certifications, bien que non reconnues officiellement par un organisme public, présentent cependant bien des avantages. Elles sanctionnent un niveau d’études bien réel; elles peuvent également constituer, pour ceux qui le désirent, une étape vers un diplôme ou une certification inscrite au RNCP (passerelle).

 

 

Pour plus d’infos, se rendre à la page :

 

http://www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/resultat

 

Abordons maintenant la question du Certificat Européen de Psychothérapie. Sur le site de la Fédération française de psychothérapie et de psychanalyse (FF2P), nous trouvons l’information suivante : 

 

"Le CEP a été institué par l'EAP (Association Européenne de Psychothérapie - dont le siège est à Vienne, Autriche) - lors de l'Assemblée générale de juin 1997, à Rome, après trois années de préparation internationale intensive. En l'absence de réglementation nationale dans la plupart des pays d'Europe à cette époque, il visait à contribuer à la mise en place de critères rigoureux pour l'exercice de la psychothérapie et à instaurer un niveau de formation élevé, et comparable d'un pays à l'autre. 

 

Le CEP doit favoriser l'échange de professionnels entre les pays d'Europe et il est encouragé, à ce titre, par la Commission de Bruxelles. Il est admis actuellement, par les représentants des organismes de psychothérapie de 41 pays d'Europe.

Le CEP demeure un certificat privé mais il constitue une référence appréciée et reconnue dans de nombreux pays. Il y a actuellement en France environ 700 personnes titulaires du CEP".

 

Le CEP ne constitue donc ni un diplôme, ni un titre certifié, mais un certificat privé, c’est-à-dire un certificat délivré par un organisme privé (au même titre que ceux délivrés par n’importe quel organisme de formation privé comme c’est le cas chez Praxisa).

 

Dans le domaine du soin psychique, l’absence de diplôme ou de certificat officiel ne constitue pas un écueil rédhibitoire puisqu’il existe de nombreuses manières de pratiquer la psychothérapie (ou la psychopratique), et nombre d’entre elles ne sont pas l’oeuvre de techniciens diplômés. En l’espèce, le diplôme ne garantit nullement la compétence du thérapeute. De nombreuses autres ressources psychiques sont nécessaires pour pratiquer le soin psychique. C’est cet aspect de la question qu’il est important de souligner… 

 

Pour finir, rappelons la définition du psychopraticien telle qu’elle est fournie par la Fédération française de psychothérapie et de psychanalyse (FF2P) : 

 

"Le psychopraticien est un professionnel de la relation d’aide dans le champ de la psychothérapie, utilisant obligatoirement une méthode spécifique.

Son accompagnement tend à soulager les souffrances, les angoisses et les crises des individus.

Il s’appuie sur cette méthode de psychothérapie spécifique (analyse transactionnelle, sophrothérapie, approche centrée sur la personne, etc.) qu’il a lui-même expérimenté, et sur sa propre psychothérapie effectuée dans la méthode à laquelle il a été formé.

Ces facteurs, conjugués à un travail de supervision obligatoire garantissent le professionnalisme et l’éthique du psychopraticien."

 

La conclusion s’impose d’elle-même : nul besoin d’être titulaire d’un diplôme ou d’un titre certifié (au niveau français comme au niveau européen) pour exercer le métier de psychopraticien, seul le plan déontologique est important à envisager, et notamment le respect des règles édictées plus haut. S’agissant des critères établis au niveau européen pour accéder au CEP (Certificat Européen de Psychothérapie), ils reprennent le même esprit que celui décrit par la FF2P pour devenir psychopraticien en France, à savoir une solide formation théorique et pratique, une psychothérapie personnelle, le principe de supervision, un engagement à se conformer à la charte déontologique, et enfin une accréditation d’une commission de pairs.

 

Indiquons avant de conclure que la formation menant au CEP est longue (au minimum 3200 heures se répartissant sur 7 ans minimum) et sinueuse (les informations précises figurent sur le site de la FF2P), qu’elle s’inscrit dans la volonté des soignants psychiques de fédérer la profession, mais qu’elle ne constitue pas l’unique voie pour devenir psychopraticien. À l’heure actuelle, en France, seuls 700 professionnels du soin psychique ont obtenu le Certificat Européen de Psychothérapie (pour info, rappelons qu’il y a actuellement plusieurs dizaines de milliers de personnes travaillant dans le soin psychique en France).