Françoise Dolto (1908-1988)
En 1939, F. Dolto achève ses études de médecine par une thèse qui en dit long sur ses engagements futurs : Psychanalyse et pédiatrie (qui fut publiée en 1971 aux Editions du Seuil). C’est en effet dans ces deux directions conjointes que F. Dolto consacrera la majeure partie de son travail, inventant à sa manière une pratique spécifique de la psychanalyse avec les enfants.

Connue par le grand public sous le nom de « docteur X » grâce à une émission radiophonique quotidienne qu’elle initia entre 1976 et 1978, F. Dolto ne se limite pas à défendre la cause des enfants et à militer en leur faveur. La portée de son enseignement s’étend du protocole clinique qu’elle utilise pour analyser les enfants (à travers le dessin principalement) jusqu’aux innovations dont nombre de praticiens s’inspireront ultérieurement, en particulier la technique d’échange langagier avec le très jeune enfant (y compris le nourrisson) .
Ses théories n’ont pas toujours été bien comprises, que ce soit le « parler vrai », « le rapport à la loi et aux interdits » ou encore « le respect de l’enfant en tant qu’être de désir». Un exemple : on a souvent reproché à Dolto d’avoir favorisé l’émergence de l’enfant-roi ; or, en disant que l’enfant est une personne, elle voulait signifier qu’il avait autant de droits et de devoirs que l’adulte, mais certainement pas qu’il avait tous les droits. A ce propos, elle a d’ailleurs élaboré un certain nombre de notions qu’elle jugeait indispensables à l’épanouissement de l’enfant, parmi lesquelles la notion de « castration » qui permet de séparer progressivement la mère de l’enfant afin de faire de chacun un être autonome et responsable.
De nos jours, des centaines de lieux continuent à travers le monde le travail qu’avait engagé la célèbre psychanalyste en créant en 1979 les « Maisons Vertes », lieux destinés à accueillir la parole de l’enfant entre 0 et 3 ans.