praxisa formation
 
L'Enfant et son Rang dans la Famille

Le rang de l’enfant dans la famille peut avoir une influence sur son comportement. La situation familiale diffère à chaque nouvel arrivant, définissant un nouveau rôle et de nouvelles responsabilités. Le rang dans la famille prend dès lors une place particulière dans l'étude de la psychologie de l'enfant.

L’aîné doit souvent assumer la complète inexpérience des parents en matière d'éducation de l'enfant, d'où parfois une tendance parentale à le surprotéger (par peur de mal faire).
Son rang de premier arrivé dans la famille lui donne souvent un statut d'enfant-roi : jusqu'à l'arrivée d'un deuxième enfant, il est souvent considéré comme un enfant unique (souvent vu comme un enfant "à part") ;
L’aîné est également est le point focal de toutes les aspirations parentales, pour le meilleur comme pour le pire. Il est souvent désigné comme héritier du capital familial (héritage financier mais également moral, psychologique, etc...). Même inconsciemment préparée, cette charge est bien lourde à assumer.
Mais la place de l’aîné est immuable, ce qui lui confère souvent une stabilité qui se traduira plus tard dans le choix d’un métier plutôt exempt de risque  (certaines études très controversées font des aînés des gens plutôt conservateurs).

Le cadet (ou puiné), c’est -à dire l’enfant qui arrive après l'aîné bénéficie (en théorie) d'une expérience parentale renforcée : il aura affaire à des parents moins angoissés, plus expérimentés ;
Le cadet naît dans un environnement où il apprend très tôt qu'il va devoir partager avec ses frères et sœurs, d'où une approche du conflit fraternel adoucie (par rapport à l'aîné).
Cependant, surtout lorsque les enfants sont proches au niveau de l'âge, il peut exister une nécessité pour le cadet de se distinguer pour attirer l'attention des parents, ce qui l'oblige à faire appel à ses ressources intérieures, bonnes ou mauvaises.
Cette constatation a amené certains chercheurs à considérer le cadet comme plus audacieux et plus téméraire ;
Lorsqu'il n'est pas le dernier d'une famille, le cadet trouve plus difficilement sa place : il tend à souffrir d’un sentiment de manque de reconnaissance. On constate souvent ce phénomène à l'intérieur d'une famille nombreuse (à partir de quatre enfants) lorsque les parents "oublient" de faire une réelle distinction entre les différents enfants.
Chacun se souvient des familles nombreuses où l'on faisait porter les vêtements des aînés au cadet qui lui-même devait les céder au benjamin, ce qui contribuait à dépersonnaliser fortement l'enfant ainsi traité qui devait avoir recours à d'autres actions (pas toujours acceptables) pour se singulariser et affirmer sa vraie personnalité.
Au milieu d'un environnement familial indifférencié, le cadet peut se sentir "interchangeable", ce qui peut le fragiliser dans ses relations ultérieures avec autrui : il se sent souvent médiocre, laid, peu digne d'intérêt, choisit un métier exempt de tout remous et peut même aller jusqu'à rester célibataire afin de "récupérer" ses parents pour lui tout seul au départ de ses frères et sœurs.

Le Benjamin , le « petit dernier » a de fortes chances de devenir le "chouchou" à qui l'on pardonne plus facilement qu'aux autres enfants.
Ce statut d'exception au sein de la famille lui confère une place souvent enviée et vivement jalousée par ses frères et sœurs, d'où des conflits retentissants qui rendent les parents angoissés et impuissants.
Au début, le statut de benjamin peut paraître enviable, mais devient progressivement un défi quotidien (le benjamin a le sentiment de devoir batailler en permanence pour conserver ce statut d'exception). Au milieu de l'ambiance conflictuelle, les parents ont souvent tendance à défendre les intérêts du benjamin qu’ils considèrent comme le plus faible, l’exposant ainsi aux conséquences d’une surprotection (notamment des difficultés à se prendre en main et se débrouiller seul).
le benjamin, comme le cadet, peut être également conduit à rejeter l'ordre établi afin d'attirer l'attention des parents, surtout à l'intérieur des familles où la place de l'aîné est synonyme de pouvoir et d'autorité. Pour justifier son rang qu’il juge fragile, le benjamin se rend parfois coupable d’"actions d'éclat" pour montrer qu’il existe.

Les psychologues sont unanimes : le rôle des parents est capital dans le processus qui consiste à traiter les enfants en fonction du rang qu'ils occupent à l'intérieur de la famille, et donc du profil psychologique que ce statut induit. Il est indispensable d'individualiser le rapport que les parents ont avec chacun de leurs enfants, ce qui revient à traiter chaque enfant en fonction de sa spécificité et de sa singularité pour que ce dernier puisse s’affirmer.
Les parents doivent être sensibilisés aux éventuelles dérives d’une éducation trop « jumelaire » des enfants, même si cette dernière répond à des critères économiques objectifs (par exemple : la réutilisation de vêtement d’un enfant à l’autre).
Il est également essentiel de bannir toute comparaison abusive et inopportune (par exemple, "Tu as toujours été plus doué que ton frère!") car ceci risque d’enfermer l'enfant dans une logique de compétition inappropriée à développement personnel. Pour autant, la rivalité fraternelle est naturelle au sein d'une famille : il faut mettre en garde les parents contre la tentation d’intervenir toujours à l’intérieur d'une dispute.
De plus, sur le plan de la psychologie, il est scientifiquement admis que chaque enfant renvoie inconsciemment à ses parents l’image d’un proche (vivant ou non) et que la tendance à attendre de l'enfant des attitudes en rapport avec cette personne est inéluctable, au risque d’étouffer la véritable personnalité de l’enfant.
Il faut enfin résister à la tentation de prendre un enfant "sous sa coupe" (ce qui arrive fréquemment dans les familles où il y a un garçon et une fille, chacun des parents se rapprochant de manière préférentielle de l’un des enfants). Le développement psychologique d’un enfant passe par l’apport conjoint des deux parents.

Concernant l’enfant unique, l’idée se répand largement qu’il est un enfant psychologiquement « à part ».
Actuellement, en France, environ une famille sur quatre a un seul enfant.
Cette position constitue la position la plus enviable puisqu'elle combine (en apparence) les effets positifs des différents rangs :
pas de rival en vue et donc aucune crainte de partage de ce côté-là (y compris au niveau de l'héritage du patrimoine) ;
l'éternel place de premier avec l'attribution exclusive des louanges et des compliments, mais également ;
le statut de « chouchou »
Cependant, à y regarder de plus près, la situation n’est pas toujours aussi "rose" qu'elle n'y paraît.
Il importe de se rappeler que la position d’enfant unique risque de priver l'enfant des stimulations que peuvent connaître les autres enfants d'une famille plus large, et donc, de constituer ultérieurement un handicap au niveau de la facilité à nouer des relations sociales fructueuses.
De plus, lorsque les conflits surgissent avec les parents, il ne dispose pas de l'exutoire (ou du soutien) que constitue la fratrie en cas d'opposition avec les parents.
La surprotection dont l’enfant unique bénéficie est un frein à l’affirmation de sa personnalité.

Toutefois, le fait d'avoir un enfant unique n'est pas toujours la conséquence d'une décision mûrement voulue ou réfléchie : la difficulté (ou l'impossibilité) de la femme à avoir d'autres enfants, le refus de prendre un risque d’une grossesse tardive (dans le cas des femmes entre 35 et 40 ans), une crise matrimoniale douloureuse, une situation économique instable… autant de raisons invoquées pour mettre un terme aux ambitions maternelles de la femme.
Les principales caractéristiques de l'attitude parentale face à l'enfant unique peuvent se résumer essentiellement à deux cas extrêmes :
soit les parents décident d'adopter une attitude extrêmement permissive car ils ne souhaitent pas de conflit avec leur unique progéniture. Cela qui conduit souvent à faire de l'enfant un enfant « gâté », surprotégé et mal préparé aux difficultés de la vie.
soit les parents focalisent toutes leurs attentes sur leur unique enfant, lui mettant une pression sur les épaules (en particulier au niveau scolaire) telle que l'enfant peut difficilement s'en sortir sans quelques dommages.

Les conseils sont, dans ce cas, tellement évidents qu’il serait superflu de les donner de manière exhaustive. Ces recommandations sont largement évoquées dans notre formation à la psychologie de l'enfant. On ne peut que conseiller aux parents de veiller à exposer l’enfant aux différentes stimulations que l'environnement immédiat ne peut lui fournir : multiplier les contacts avec les autres enfants, à la maternelle, puis plus tard en l'inscrivant à différents clubs de sport, etc.

En savoir plus :
Ce sujet vous passionne ? Vous travaillez avec les enfants ? Ce thème est traité de façon plus approfondie dans notre formation “PSYCHOLOGIE DE L’ENFANT” .

retour en haut de page

 

copyright PRAXISA - tous droits réservés - 2007 / à propos de PRAXISA / plan du site