C’est la rupture… brutale.
La fin du rêve amoureux… La
descente aux enfers. Votre fils ou votre fille vit son premier chagrin d’amour… et
cet enfer, il risque fort de vous le faire partager. Blessure d’amour,
blessure d’amour-propre, tout est source d’irritation.
Impossible de lui parler : c’est son jardin secret. Impossible de
le conseiller : “Tu ne peux pas comprendre”... Que faire ?
Votre enfant vivait le parfait amour sans souci du lendemain… et puis
c’est la cassure… en général, après une séparation
de quelques jours ou après les vacances. L’autre ne répond plus ou annonce qu’il souhaite prendre ses distances… aller
voir ailleurs ou tout simplement qu’il a rencontré une autre personne.
La rupture est toujours difficile aussi pour celui qui rompt… car il
sait qu’il va faire mal.
La blessure est ouverte, elle saigne… Le comportement de l’enfant se met à changer brutalement. Il ne parle plus, s’enferme, devient hyper susceptible et souvent, il
se met à pleurer (surtout les filles). Son amour-propre et l’idée
même de s’être fait « plaqué(e) » l’empêchent
souvent de s’exprimer (n’oublions pas que le cocu a toujours été la
risée de tout le monde).
Tout bascule et l’amoureux triomphant se sent soudain minable. Il ressasse
tous les instants passés et souvent se trouve tous les défauts
de la terre. Souvent, il va jusqu’à s’auto-flageller en
reconnaissant des circonstances atténuantes à son ou sa partenaire.
Ces réactions sont normales et ne doivent pas alarmer même s’il
y a là une situation favorable à l’enfermement, à la déprime et dans le pire des cas, à la
dépression.
Autre manifestation possible : c’est la faute des autres et en
premier lieu des parents.
“Si vous m’aviez laissé sortir avec lui (elle)… Si
j’avais plus de liberté… et si …et si…”
Les amours adolescentes représentent l'époque des grandes passions
: l'adolescent déclare sa "flamme", il écrit des poèmes "brûlants
d'amour", il se sent plus libre, plus grand, plus beau, il a envie de
faire partager son bonheur à tout le monde, il se sent pousser des ailes,
il "tutoie les anges", il rêve tout éveillé,
il est littéralement "dévoré" par sa passion.
Parfois, les élans du cœur deviennent insoutenables : lorsque
la passion est à ce point excessive, elle devient plus destructrice
que constructive. Il est souvent difficile de faire comprendre à l'adolescent
ce point de vue : nous essayons vainement de lui faire comprendre que passion
et amour ne recouvrent pas nécessairement les mêmes sentiments.
La passion est dévorante, nous l'avons dit : elle peut dévorer
la tendresse, le respect de l'autre et au bout du compte elle empêche
l'affirmation de soi. La passion est souvent synonyme de possession excessive,
de jalousie, d'intolérance... Il faudra généralement plusieurs "passions" avant
d'entrevoir ce qu'est réellement l'amour.
Comment l’aider à surmonter cette épreuve ? N’oublions
pas que l’adolescent (ou le post adolescent) consomme une forme de rupture
avec ses parents. L’amour a concouru à son émancipation.
Il est, de fait, difficile d’admettre pour lui que ses parents peuvent
l’aider dans ce domaine sans souvent avoir le sentiment que ces derniers
veulent reprendre « possession » de lui à cette
occasion.
L’adolescent revit en fait la souffrance de séparations plus anciennes ;
celle de la séparation avec sa mère, celle de son amour oedipien.
Il faut donc prendre des pincettes et aborder le sujet avec délicatesse
et douceur, car il ou elle a, paradoxalement envie de se libérer, de
parler aux autres et ce sont d’abord ses amis qui recueilleront les premières
confidences, des amis de confiance, mais sans expérience.
Quels sont les mots qu’il veut entendre, qui pourrait le rassurer, lui
redonner confiance ?
Il y a bien sûr les banalités : « une de perdue,
dix de retrouvée » ou « tout le monde a connu
cela », mais celles-ci donneront le sentiment que vous sous-estimez
la situation. Le plus intelligent est d’essayer d’entamer un dialogue
car c’est cela que l’enfant attend de vous. Il veut se libérer
de ce qu’il a sur le cœur par la parole.
C’est par ce dialogue que vous pourrez subtilement faire parler l’expérience
en lui montrant que vous comprenez sa souffrance, sa tristesse et tout ce qui
l’extériorise.
N’oubliez pas que la passion rend souvent aveugle et annihile tout raisonnement
sain et lucide. Cependant, il faut petit à petit lui faire admettre
l’évidence : l’être tant aimé l’a
exclu de sa vie (peut-être provisoirement) et il ne servira à rien
de forcer le destin. La première étape est donc de lui faire
admettre la vérité car au début il refuse d’y croire
: vivre pleinement sa souffrance et ses émotions est souvent le meilleur
moyen de la surmonter.
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DE L’ENFANT".