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Pipi au lit

On commence à parler de l’énurésie lorsqu’un enfant de plus de 4 ans qui ne présente aucune lésion de l’appareil urinaire fait encore pipi au lit. Cette miction (action d’uriner) est inconsciente et par conséquent involontaire.

Il faut distinguer :
L’énurésie primaire : c’est le cas de l’enfant qui n’a jamais eu une nuit de propreté. Ce type d’énurésie impose la recherche d’une anomalie des voies urinaires. Elle justifie une consultation médicale approfondie et des examens complémentaires. Ce type d’énurésie est la plus rare mais ne doit pas être méconnue.
L’énurésie secondaire : A l’inverse de la précédente, l’enfant alterne des épisodes de propreté plus ou moins longs. Son origine est, dans la quasi totalité des cas, d’ordre psychologique.

L’éducation sphinctérienne doit correspondre à une maturité nerveuse et ne doit donc pas être entreprise trop tôt.
En pratique, l’acquisition de la propreté diurne (pendant la journée) peut commencer 6 mois après le début de la marche.
La propreté nocturne, elle, commence à apparaître un an après le début de la marche.

A partir de quel âge doit-on se soucier d’une énurésie ?
Autour de 5 ans, l’énurésie commence à être ressentie comme un problème, à la fois par l’enfant mais aussi par son entourage.

Schématiquement et pour simplifier, l’enfant qui fait pipi au lit à un âge où il pourrait être propre exprime inconsciemment le choix de redevenir bébé… soit parce qu’il est jaloux d’un cadet (cas assez fréquent de la question du rang dans la famille), soit parce qu’il est malheureux ou contrarié pendant cette période pour d’autres raisons que la jalousie (couple désuni, mésentente avec les parents, difficultés scolaires etc.) et qu’il a la nostalgie d’une époque antérieure.

Mouiller son lit et sucer son pouce sont les marques d’une fuite en arrière, une manière de rêver du bon vieux temps… quand l’enfant était « bébé ». L’enfant énurétique n’a pas de profil psychologique particulier pour le caractériser. Face à ce problème, il peut réagir de 2 façons très différentes : soit il est actif, volontaire, désireux de guérir et accepte l’aide qu’on lui offre ou même mieux la réclame, soit il est passif, timoré et attend alors tout de son entourage pour restaurer sa confiance. Ce cas est naturellement plus difficile à traiter.

Voici quelques conseils évoques plus en détails dans notre formation à la psychologie de l'enfant :
La famille doit s’impliquer pour obtenir des résultats et se rappeler que la guérison des accidents nocturnes ne pourra être valablement entreprise que lorsque la propreté du jour sera complètement acquise ;
Proscrire les méthodes brutales et autoritaires ;
Refuser les couches qui dévalorisent l’enfant à ses propres yeux ;
Eviter tout ce qui peut énerver l’enfant le soir (la télévision en particulier) ;
Bien respecter la durée du sommeil.

Pour corriger les accidents nocturnes (qui constitue l’étape la plus difficile), l’enfant doit être complètement réveillé pour aller aux toilettes : il ne s’agit pas de le mettre sur le pot à moitié endormi : il doit impérativement prendre conscience de l’acte qu’on lui demande d’exécuter.

Dans les cas les plus favorables, l’enfant va uriner sur le pot ou aux toilettes et en général ne mouillera plus son lit le reste de la nuit. Après cette étape, un réveil pourra l’aider à se réveiller seul. Encouragé par ses résultats, félicité pour ses efforts, l’enfant devient petit à petit capable, même endormi de contrôler son envie d’uriner. Les nuits sèches deviennent maintenant la règle et non l’exception, la guérison est proche.
Astuce : l’enfant demande sans cesse à être encouragé, c’est pourquoi noter ses progrès au jour le jour sur un carnet peut l’aider à se prendre en charge et à s’assumer.

Combien de temps cela peut-il prendre jusqu’à la guérison définitive ?
Quelques semaines à quelques mois selon les cas mais les variantes sont légions. Entre celui qui guérit pratiquement du jour au lendemain (parce qu’on lui a offert un grand lit, par exemple) jusqu’à celui qui reste véritablement rebelle aux efforts de tous, médecin compris (et qui devra être aidé par un traitement psychologique plus spécifique), il y a une grande marge.

Quoiqu’il en soit l’énurésie finira toujours par guérir à condition de comprendre la signification du symptôme et d’agir en conséquence. L’explication de l’énurésie a été donnée comme un équivalent “masturbatoire”. Ce qui expliquerait sa guérison spontanée à l’adolescence, époque où l’enfant découvre son corps avec son corollaire quasi constant de la découverte de la masturbation.
Il est nécessaire également de rappeler qu’il n’existe pas de médicament propre à guérir l’énurésie. Quantité de drogues ont été utilisées et si certaines paraissent agir, c’est uniquement par effet placebo. L’aide médicale est néanmoins souvent utile : par un dialogue fructueux , des encouragements et ses explications, le médecin, aidé des parents, valorisera l’enfant et l’aidera à se forger un moral de vainqueur qui contribuera ainsi à la guérison.

En savoir plus :
Ce sujet vous passionne ? Vous travaillez avec les enfants ? Ce thème est traité de façon plus approfondie dans notre formation “PSYCHOLOGIE DE L’ENFANT”.

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