Vous êtes ici >> praxisa >> fiches >> fiches par thème >> psychologie : la personnalité

La Personnalité

Jean Stoetzel, spécialiste en psychologie sociale, a dit de la personnalité qu’elle représentait « le thème le plus central de toute la psychologie ». Nous voici donc au cœur de notre sujet d’études…

Si la personnalité nous intéresse au plus haut point, c’est sans doute parce qu’elle touche le psychologue qui sommeille en chacun de nous… « Moi, je trouve que Pierre est une personne très gaie, chaleureuse, conviviale ». « Ah bon, moi, je le trouve plutôt taciturne, renfermé, presque autiste ». Lorsque nous rencontrons une personne, nous avons souvent tendance à la définir à travers ses caractéristiques les plus saillantes, les plus constantes aussi, en bref ce qui la caractérise elle et personne d’autre indépendamment des circonstances, ce que les psychologues appellent l’idiosyncrasie (manière d’être particulière à un individu qui l’amène à avoir des comportements qui lui sont propres). Bien que difficile à définir (comme de nombreux concepts en psychologie d’ailleurs), on admet de manière générale que la personnalité désigne des facteurs internes, cohérents, stables et qui sont sensiblement différents d’un individu à l’autre.

L’étude de la personnalité est depuis très longtemps un champ d’études qui fascine. Les philosophes grecs furent les premiers à proposer une classification permettant de différencier les individus du point de vue de leur manière d’être : Hippocrate et sa typologie fondée sur les humeurs (le sang, la bile noire, la bile jaune et le flegme), Galien et ses treize types de personnalité (sanguin, mélancolique, colérique, etc.). Ainsi, pendant très longtemps, on a pensé que les différents types de personnalité étaient à mettre en rapport avec ce qui circulait à l’intérieur du corps. Près de deux millénaires plus tard apparurent des conceptions fondées sur d’autres critères comme le morphotype de Kretschmer (l’individu peut avoir le type leptosome – maigre-  ou encore le type picnic – fort et tout en rondeur) ou encore l’introversion (ou son contraire, l’extraversion) proposée par le psychanalyste Carl Jung. Remarquons d’ores et déjà que ces différentes approches sont dites « typologiques » car elles font appel à un modèle de la personnalité qui s’appuie sur un ensemble hétérogène de caractéristiques individuelles qui tend à décrire la personnalité de manière globale. Notons également que le type fonctionne de manière binaire (l’un ou l’autre, par exemple introverti ou extraverti mais pas un peu les deux à la fois).
L’autre conception, c’est de considérer que la personnalité est composée de « traits », c’est à dire des composantes élémentaires (comme l’anxiété, la persévérance, la sociabilité, etc.) qui se combinent pour former un individu unique. Il est à noter que les traits sont indépendant les uns des autres (ce n’est pas parce qu’on aura une tendance à être anxieux qu’on aura également une tendance à être sociable ou persévérant par exemple), qu’ils expriment une probabilité que telle ou telle conduite se manifeste dans une situation et à un moment donnés mais qu’ils n’expriment pas la personnalité globale (on n’est pas anxieux en toute circonstance) et qu’ils sont relativement stables dans le temps. Par ailleurs, à la différence de l’approche typologique, l’approche par trait se caractérise par un continuum : chacun d’entre nous peut être décrit par un niveau par rapport à ce trait (par exemple, on proposera de classer le trait « sociabilité » selon une échelle de 1 à 9). Notons pour finir, que la conception par traits n’est pas une approche intuitive (on ne choisit pas des traits au hasard) mais qu’elle correspond à un véritable travail statistique : on pose toute sorte de questions à des sujets, par exemple :
1) « Faites-vous partie d’une association ? »
2) «Préférez-vous lire un livre plutôt qu’aller au cinéma entre amis ? »
3) « Avez-vous beaucoup d’amis ? »,
4) « La compagnie des autres vous est-elle souvent insupportable ? », etc.
Puis on regarde comment les sujets répondent. On s’aperçoit que la plupart des personnes qui répondent « Oui » à la question 1 répondent également « Oui » à la question 3. En revanche, ils répondront plutôt « Non » aux deux autres questions. On suppose donc qu’il existe des caractéristiques communes qui poussent les sujets à répondre de manière identique (plutôt « oui » aux questions 1 et 3 et plutôt « non » aux questions 2 et 4). On cherche alors à attribuer une signification psychologique à ces caractéristiques que l’on appelle facteurs. Ce sont ces facteurs qui correspondent aux traits de personnalité (en l’occurrence, dans l’exemple ci-dessus, il s’agit du trait « sociabilité »). L’approche par traits a été proposée par des psychologues comme Allport, Eysenck ou encore Cattell. Actuellement, de nombreux psychologues s’accordent sur un modèle à cinq facteurs (Big Five de Mc Crae & Costa) que l’on peut résumer ainsi : le névrosisme (inquiet, irritable, anxieux), l’extraversion (actif, confiant en soi, sociable), l’amabilité (serviable, disponible, altruiste), l’ouverture d’esprit (curieux, imaginatif) et la conscience (consciencieux, responsable, méticuleux).

La personnalité est un champ d’études qui n’échappe pas au sempiternel débat à propos de l’inné et de l’acquis. Avec l’intelligence, on peut dire que c’est le domaine où se sont affrontées les positions les plus extrêmes. Intuitivement, on pourrait penser que la personnalité, puisqu’elle est constituée de facteurs internes et qu’elle est relativement stable dans le temps, est principalement déterminée par nos gènes. Or, comme dans le cas de l’intelligence, les choses ne sont pas si simples… Certes, on a vu récemment à la télévision le professeur américain T.J. Bouchard exhiber avec fierté plusieurs paires de vrais jumeaux (jumeaux monozygotes issus du même œuf et partageant le même patrimoine génétique) qui présentaient de troublantes similitudes comportementales alors qu’ils avaient été élevés séparément. Mais comme pour les études sur l’intelligence, il existe un certain nombre de biais méthodologiques qui faussent quelque peu les résultats (cf. la fiche sur l’intelligence). Actuellement, différents auteurs considèrent que les gènes interviendraient pour environ 30% dans nos traits de personnalité. Mais ce chiffre signifie-t-il réellement quelque chose ? Tout d’abord, soulignons que certains traits semblent plus héritables que d’autres (l’ouverture d’esprit serait plus héritable que l’extraversion qui serait elle-même plus héritable que la conscience). Ensuite, les gènes n’agissent pas de manière mécanique (pas plus que les facteurs environnementaux d’ailleurs). De nos jours, les chercheurs préfèrent s’intéresser aux effets de l’interaction entre les gènes et l’environnement, plutôt que de chercher à mesurer la part de l’un et de l’autre à l’intérieur d’un trait de personnalité.

Comment évaluer la personnalité ? Comme pour l’intelligence, la psychologie aura recours à des tests ou encore à des questionnaires. Les tests sont la plupart du temps des tests dits « projectifs » : on demande au sujet d’interpréter des images dénuées de sens (dans l’un des tests les plus utilisés, le test de Rorschach, on demande au sujet d’interpréter des taches d’encre). L’idée principale de ce genre de test est la suivante : à travers ses interprétations, le sujet est amené à livrer les traits les plus saillants de sa personnalité. L’autre grande méthode pour évaluer la personnalité consiste à poser à un sujet de nombreuses questions sur ses habitudes, ses opinions, ses sentiments, etc. : c’est la méthode du questionnaire. A la différence des tests projectifs (dont le but est de révéler les traits de personnalité du sujet à travers l’observation de ses processus inconscients et de ses mécanismes de défense), le questionnaire de personnalité est une méthode qui repose sur l’introspection du sujet. Or, cette méthode est parfois contestée dans la mesure où les réponses fournies par le sujet peuvent être sujettes à des distorsions (les recherches sur cette question ont clairement montré que le sujet pouvait avoir des failles dans la perception qu’il a de lui-même, livrant des réponses qui ne correspondent pas toujours à la vérité). Pour contourner cette difficulté, des échelles de mensonge ont été mises au point afin d’éprouver la validité des réponses fournies.
Il existe également d’autres méthodes d’évaluation de la personnalité, comme la graphologie ou encore la numérologie, mais la communauté scientifique reste très sceptique quant à la validité de telles méthode.

EN SAVOIR PLUS :
Apprenez à mieux connaître votre personnalité et celle des autres…
Présentation détaillée des principaux tests et questionnaires utilisés en psychologie…
Etude complète de la caractérologie…
La personnalité selon la psychanalyse…
Approche concrète : dans notre formation à la psychologie générale, nous vous proposons de tester votre personnalité grâce au test de l’arbre d’une part, et au questionnaire signalétique de Gex d’autre part. Vous pourrez interpréter vos résultats à l’aide des grilles d’interprétation proposées…

Ce sujet vous passionne ? Il est traité de façon plus approfondie dans notre formation “PSYCHOLOGIE GENERALE” .

retour en haut de page

 

 




- la souffrance au travail
- la violence à l'école

Pédagogie :
- objectifs
- déontologie



- questionnement personnel
- problématique professionnelle
- psychologie, psychothérapies
- psychologie de l'enfant

Principes :
- objectifs
- avantages
- charte déontologique

Faq




Vous êtes à la recherche d'une formation sérieuse et concrète en psychologie générale et/ou en psychologie de l'enfant ? Praxisa, l'école de la psychologie pratique, vous propose une pédagogie souple et moderne adaptée à vos disponibilités. Tirez tout le bénéfice d'une méthode d'apprentissage concrète et d'un accompagnement personnalisé plebiscités par nos élèves dans une optique professionnelle. Consultez nos fiches et nos témoignages et n'hésitez pas à demander votre documentation en ligne ou au 01 78 09 9000. Praxisa propose également des stages de psychologie pratique à destination des salariés et des particuliers sur les thèmes du développement personnel et de la psychologie de l'enfant. Une série de stages pour progresser et se réaliser. Découvrez également nos réunions d'échanges : des réunions de 3 à 10 personnes sur des thèmes d'actualité (la souffrance au travail, la violence et l'enfance) encadrées par un animateur qualifié. Vous souhaitez consulter un psychologue mais vous n'êtes pas certain de ce que cela peut vous apporter ou vous n'avez pas assez confiance en vous. Inscrivez-vous pour un entretien Psy et discutez d'une problématique personnelle, d'une interrogation d'ordre général sur la psychologie moderne, ou d'une question relative à l'enfant.


copyright PRAXISA - V 6.0 - tous droits réservés - 2010 | à propos de PRAXISA | plan du site