Exploration,
Sensation, Communication, Stimulation et surtout Plaisir forment les atouts
essentiels du jeu pour l’enfant. De fait, le jeu est un élément
substantiel de la structuration de la psychologie de l'enfant et de sa personnalité.
Chez le nourrisson, les stimulations sont indispensables à un développement
harmonieux : l'enfant a énormément besoin de stimulations sensorielles
pour développer ses capacités sensori-motrices.
Les stimulations tactiles sont très efficaces pour lui apprendre à développer
son schéma corporel mais il est également très sensible
aux objets lumineux sur lesquels il est capable de concentrer toute son attention
comme par exemple :
- un mobile au-dessus de son berceau, si possible de couleurs vives (le bébé distingue
mieux les objets lumineux) et agrémenté de petits objets sonores
;
- un hochet adapté à sa taille (pas plus de 10 cm) et de couleur
vive ;
- toute sorte de jouets qui captent son attention lorsqu'il est éveillé comme
des rangées de perles assez grosses installées en travers de
son lit...
- le décor de sa chambre peut devenir une source intéressante
de stimuli (mouvement des rideaux, motifs du papier peint, etc.)
Après 3 ou 4 mois, il devient capable d'effectuer une coordination entre
sa main et son œil , il agrandit sa palette de jeux, passant de la phase
exploratoire "passive" à la phase de manipulation "active" (taper
sur le bord du berceau avec son hochet, le faire tomber pour apprécier
le bruit qu'il fait en tombant, tirer sur les cheveux de maman lorsqu'elle
change bébé...). Cette nouvelle phase, beaucoup plus démonstrative
que la précédente, est importante car elle va permettre à l'enfant
de mesurer les effets de ses actions sur des objets extérieurs.
Trois aspects indissociables caractérisent donc le jeu : l'exploration,
la manipulation et la répétition.
De six à 18 mois, l’enfant n'a pas encore commencé à marcher
et pourtant le besoin de se déplacer est grand à cet âge
: c'est une activité qui l'occupe une bonne partie de son temps (ramper,
s'asseoir, se mettre debout...) et qu'il pratique autant par nécessité que
par plaisir. Maintenant que la coordination entre la vue et le toucher est
correctement établie, l'enfant va vouloir toucher à tout : c'est
l'époque où les parents vont devoir apprendre à ranger
les produits dangereux dans les placards, à faire attention aux outils
blessants, en bref à veiller à ce que l'environnement ne puisse
nuire à l’enfant.
Pour permettre à l'enfant de s'épanouir pleinement au seuil de
cette période où chaque exercice est important pour son développement,
il est vivement recommandé aux personnes en charge de son éducation
de consacrer un endroit spécifique à l'exercice de ses jeux.
De préférence un lieu proche du centre de la maison, que les
parents peuvent facilement avoir à l'œil : ce peut être
un coin de chambre, une partie de la cuisine ou mieux encore, une pièce
réservée à cet usage. Par ailleurs, il est préférable
d’aménager tout spécialement la pièce afin que le
bébé puisse l'investir sans risque de dommages corporels : moquette
ou tapis épais au sol, pas ou peu de meubles (en tout cas, pas de meubles
aux angles trop saillants ou à l’équilibre instable) et
dans la mesure du possible, de l'espace où il puisse librement s'ébattre.
Au niveau des jouets, l'âge intermédiaire de 6 mois constitue
généralement une étape importante : en effet, jusqu'à 6-7
mois, le bébé ne peut tenir qu'une seule chose à la fois
(il secoue avec frénésie son hochet et s'en sert pour frapper
sur les rebords de son berceau ou de sa baignoire par exemple). Après,
il est capable de tenir un jouet dans chaque main : il les secoue énergiquement
ou bien les frotte l'un contre l'autre (la plupart du temps, ils finissent
par terre à côté de son berceau ou sur le carrelage de
la salle de bains !). Il lui faudra un certain temps pour apprendre à les
poser délicatement afin d'éviter qu'ils ne tombent (entre 8 et
12 mois).
Dès qu'il peut se déplacer en rampant pour aller chercher des
objets, il apprécie particulièrement les objets qui roulent,
comme par exemple les balles ou les jouets munis de roues. Le fait de les voir
disparaître le fait aussi particulièrement rire : à cet âge,
les jeux de cache-cache prennent de l'importance. Soit l'enfant cache de lui-même
le jouet pour avoir plaisir à le découvrir, soit il participe à un
jeu où l'adulte le dissimule. L’enfant prend conscience de la
notion de “permanence” de l’objet et la développe
avec ces situations de recherche.
A partir de l'âge de 1 an, l'enfant aime remplir et vider, que ce soit
le panier à jouets ou le tiroir dans lequel les parents rangent ses
affaires c'est aussi l'âge où les jeux aquatiques se développent
: dans sa baignoire, mais aussi dehors dans une grande bassine, avec des éponges
et toutes sortes de récipients qu'il pourra transvaser.
Entre 12 et 18 mois, l'enfant acquiert la capacité à emboîter
les objets les uns dans les autres. Il apprécie ainsi les boîtes,
les cubes ou les pyramides d'une certaine grosseur, en plastique ou en bois,
que l'on peut empiler (ils représentent l'ébauche des jeux de
construction), les anneaux décroissants qu'on enfile sur des tiges,
les jouets “gigognes” ou encore les grosses perles.
Il est intéressant de constater que l'enfant aime également s'occuper
avec des objets qui ne sont pas des jouets mais qui peuvent le devenir en fonction
de l'utilisation qu'il va en faire. A ce propos, les parents peuvent mettre
utilement à la disposition de l'enfant des ustensiles de cuisine ou
des outils par exemple, à condition, bien sûr, que leur manipulation
ne présente aucun danger.
Vers l’âge de 15 mois, l'enfant commence à comprendre la
relation de causalité. En conséquence, il est capable de participer à des
jeux qui font appel à cette capacité (par exemple, tous les jeux
musicaux où l'enfant doit taper sur le jouet pour déclencher
des sons : xylophone, tambourin, clochettes...). Cette "initiation musicale" précoce
peut se compléter avantageusement par l'écoute de musique (en
règle générale, il vaut mieux préférer les
extraits musicaux à la voix que l'enfant perçoit plus difficilement).
Pour le développement du langage, il est conseillé de proposer à l'enfant
la lecture de livres d'images destinés à sa tranche d'âge
(il en existe de très nombreux différents aux dessins et couleurs
plus variés les uns que les autres). Accompagné de l'adulte pour
l'aider à nommer les personnages, l'enfant sera très heureux
de participer aux aventures de Guignol, Babar ou Zéphyr !
A partir de 18 mois, les activités ludiques de l'enfant se diversifient
: ses capacités motrices se développent, ce qui lui permet de
faire preuve d'une plus grande adresse et d'une plus grande dextérité.
Ses jeux favoris restent toujours les gros puzzles ou les jeux d'emboîtement
et d'encastrement, mais ils comportent désormais un degré de
difficulté supplémentaire. Par ailleurs, l'enfant commence à s'apercevoir
des différences qui peuvent exister entre les objets : il va pouvoir
commencer à classer les jouets par taille, couleur, forme...
L'enfant se livre également à ses premiers jeux d'imitation,
servi en cela par le modèle qu'il a sous les yeux. C'est ainsi que les
parents seront surpris de voir leur progéniture s'essayer à l'art
du balayage ou celui du bricolage ! Le résultat n'est peut-être
pas parfait en termes d'efficacité mais le jeu abordé de cette
manière prépare l'enfant à la dimension sociale des stades
de développement suivants. “Faire semblant" constitue un
moyen très efficace pour construire sa confiance en lui : en exprimant
ses propres idées sur la manière dont il voit le monde autour
de lui, il montre à son entourage qu'il s'intègre à son
environnement et recueille ainsi l'approbation des adultes nécessaire à son
développement.
Vers 2 ans, le déguisement va logiquement devenir l'une de ses occupations
préférées mais pas nécessairement en endossant
un costume cher et sophistiqué : quelques bouts de chiffon, un vieux
chapeau, une cravate dont le père ne se sert plus et le voilà transformé en
un directeur de banque aux allures imposantes !
C'est l'époque où la poupée apparaît aussi parmi
les jouets favoris de l'enfant : elle représente en effet l'exutoire
privilégié de l'enfant qui reproduit sur elle tout ce qu'il vit,
que ce soient ses bons ou ses mauvais moments ! La poupée ne représente
pas nécessairement un personnage féminin : ce peut être
une peluche, un bout de tissu ficelé à la hâte, n'importe
quelle représentation susceptible de faire revivre les émotions,
les plaisirs ou les chagrins de l'enfant.
A ce propos, il est intéressant de noter que plus la poupée est
sophistiquée et moins elle est susceptible de pouvoir jouer les différents
rôles que l'enfant désire lui faire jouer : une bonne poupée
n'a donc pas besoin d'être pourvue de tous les gadgets actuels (parler,
manger, boire, etc...) pour répondre efficacement à sa fonction.
Devant un jouet trop complexe/complet, il y a de fortes chances que l'enfant
cherche à le détourner de sa fonction apparente pour mieux se
le ré-approprier : dans le domaine du jouet, il est fondamental que
l'enfant reste à l'initiative du jeu.
A 20 mois, l'enfant va tirer un immense plaisir à découvrir
les arts plastiques. La création, par le dessin ou le modelage est une étape
qu’il convient d’anticiper en prévoyant un endroit approprié (sauf à accepter
de décorer son intérieur avec les œuvres d'art de l'artiste
en herbe !). Car, il serait préjudiciable de décourager l’enfant
ou bien même de chercher une signification à ses réalisations.
La pratique des arts plastiques est un fondement initiatique de facultés
futures comme,notamment, l’écriture.
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