Donald W. Winnicott (1896-1971)
D’abord licencié en biologie, il achève ses études au St Bartholomew’s Hospital à Londres. En 1923, il obtient un poste de pédiatrie au Paddington Green Chidren’s Hospital où il assurera une consultation pour enfants durant quarante ans. C’est pour lui l’occasion de mettre en pratique ses dons exceptionnels d’observation qui le conduiront à décrire le couple mère-enfant comme la structure primaire fondamentale où se constitue l’enfant en tant qu’individu.
La découverte fortuite d’un ouvrage de Freud le conduira à s’engager dans une très longue analyse personnelle. En 1935, il devient membre de la Société britannique de psychanalyse. Cette nouvelle approche lui permettra d’introduire un certain nombre de principes : « Une mère « suffisamment bonne » saura intégrer son enfant dans la société grâce au holding, c’est-à-dire en lui procurant un environnement stable, dans lequel l’enfant se sentira assuré. La mère sait d’instinct ce qui est bon pour son bébé. Elle le comprend par empathie et répond spontanément à ses besoins. Par la suite, l’enfant trouvera dans son entourage l’assistance qui lui est nécessaire pour vivre, puis il apprendra progressivement à s’en passer. Il est des cas où les parents enferment l’enfant dans un univers clos, surprotégé, où la réalité lui apparaît sous un jour fallacieux. Au lieu de se développer normalement, il édifiera alors une personnalité d’emprunt (faux self) dont il éprouvera douloureusement l’inanité » trouve-t-on dans Le dictionnaire de psychologie de Norbert Sillamy (Editions Larousse).
Winnicott se fera également connaître pour une notion devenue célèbre auprès des professionnels de l’enfance : l’objet transitionnel plus communément appelé doudou. Bien que les phénomènes transitionnels ne se réduisent pas à un objet matériel (peluche, morceau de tissu), la vulgarisation de cette notion aura permis de prendre en compte les affects liés à la violence de la séparation entre la mère et son enfant.